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11.01.2008

Annulation du Dakar

Le rallye a été annulé pour cause de menaces terroristes. Beaucoup applaudissent en souhaitant sa disparition.

Il est vrai que le Dakar était devenu ces dernières années un défouloir pour pseudo-aventuriers fortunés et que cette "course" apparaît quelque peu indécente dans un contexte de prise de conscience écologique et humanitaire.

Ceci dit je ne peux oublier les images des premiers Paris-Dakar qui me faisaient rêver. A l'époque c'était une véritable aventure accessible, où la seule sélection était le désir de découvrir un continent et de se surpasser, voire un certain grain de folie.

Perso, je retiens (dans le désordre) :

- les livraisons de moto-pompes pour les puits par Thierry Sabine et Daniel Balavoine en parallèle de la course, sans couverture médiatique

- les récits des premiers participants avec seulement un road-book et une boussole, où on commençait à s'inquiéter quand on avait pas vu un concurrent au bout de deux ou trois jours !

- les fabuleux bras de fer entre Cyril Neveu et Hubert Auriol

- la finale de 87 (probablement le dernier "vrai Paris-Dakar") , où après une course mémorable, Hubert Auriol finit une étape avec les deux chevilles brisées

- les reportages de la 5 sur la vie des africains qui m'ont mieux fait connaître ces gens que n'importe quel livre de géographie

- la joie et le sourire de ces milliers d'enfants attendant le passage du "Dakar", quelque fois après plusieurs jours de marche

- les malades qui partaient en trike, en 50 ou en 125

- les prototypes improbables : diverses motos à deux-roues motrices, buggys à moteur de moto, etc

 

D’aventure humaine ce rallye est devenu une caravane médiatique avec tous ses excès, à l’image de ce que sont devenus le Tour de France vélo, les Grand-Prix moto ou la F1.

Et je crois qu'on touche ici le paradoxe des sports mécaniques. Au début, il y a le désir de quelques passionnés de se mesurer les uns aux autres mais aussi d'échanger et de partager autour de la même passion.

Mais cela coûte de l’argent et on se dit "Tiens je veux bien quelques sous en échange de quelques auto-collants sur mon engin !".

Et c'est le début du doigt vicieux dans le cercle de l'engrenage !

Car pour attirer les sponsors, il faut des spectateurs qui voient les auto-collants et pour attirer les spectateurs, il faut du spectacle. Alors on chronomètre, on fait des classements, des challenges, on crée même des primes de départ pour garantir le nombre de compétiteurs.

Et puis il y en a un qui dit "Pour qu’il y ait plus de monde qui voit les auto-collants, on va faire venir la télé ! ".

Mais la télé, c'est un truc de pro, on rigole pas ! Alors on paie les coureurs pour qu'ils s'entraînent, qu'ils soient bons. Et des fois on fait venir des stars.
Et là, c'est la fin du début et le commencement d'un autre truc qui, à l'arrivée, n'a plus rien à voir avec la petite partie de roues du départ.

C'est ce qui est arrivé au Dakar.

A mon avis, c'est ce qui se passe  aussi avec le Moto Tour, pardon, le "Dark Dog Moto Tour"

Commentaires

Je suis tout à fait d'accord !
Ton analyse est très juste.

Personnellement, l'annulation du Paris-Dakar ne me gêne pas, j'y ai toujours vu un léger penchant colonialiste, même inconscient, qui me mettait mal à l'aise.

Ecrit par : Suffragettes | 11.01.2008

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