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06.11.2007

R1 sage

Ce matin le trafic était relativement fluide sur la rocade. Un sage motard sur une Yam R1 roulait tranquillement derrière une voiture en deuxième file sans se faufiler.

Cela m'a fait prendre conscience que grisé par la fluidité exceptionnelle, mon rythme était plus rapide qu'à l'habitude car je changeais régulièrement de file, tout en restant prudent et attentionné à ce que ceux que je doublais par la droite m'aient bien aperçu.

Cela m'a aussi fait penser à la campagne actuelle de la prévention routière axée sur le respect des règles.

Effectivement, comment puis-je me permettre, simple vulgum pecus que je suis, de transgresser le devenu sacro saint code de la route ?

Sincèrement, je n'ai pas l'impression et surtout pas l’intention de me mettre en danger et encore moins les automobilistes qui m'entourent. La preuve : je suis encore vivant après les quelques milliers de trajets effectués depuis 17 ans que j'emprunte cette rocade,

Je ne dépasse par la droite qu'après m'être assuré que l'on m'a bien vu, adaptant mon allure à la viscosité du trafic, guettant la moindre intention de déboîtement. J'avoue que l'expérience me fait déceler chez l'automobiliste les signes avant coureurs du changement de direction : coups d'oeil répétés dans le rétro, regards jetés sur les autres files qui avancent plus vite, léger déport dans la direction convoitée (le regard conduit aussi au volant) et l'ultime : le braquage des roues avant. Heureusement que sur une voiture, les roues braquent avant que le véhicule se déplace.

Des règles, oui, il en faut pour vivre en société. Mais, à l'instar de bien des infrastructures, le code de la route a été pensé pour l'automobile et les tolérances accordées jusqu’ici disparaissent face au tout répressif justifié par l’illusion du risque zéro.

Le respect des règles doit être accompagné d’intelligence, de respect des autres et de soi.

A mon avis l’esprit de la loi compte plus que son application au pied de la lettre. Hélas, nos politiques et énarques ont oublié de lire Montesquieu.

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